Retour Belgique           De CHEOUX ET LES FAMILLES ASSOCIEES

 

        De Chéoux & les familles associées

 

Documents ayant servis de base à ce travail :

 

- Fond Monin, archives de l’Etat de Namur - de visu -

        - Famille d’Autel « Edition de l’Histoire d’Autelbas et Barnich »

            par Alfred Jungen, instituteur

            Aimablement prêté par Hubert Barnich de Marche.

          - Le Centre de généalogie Wallonia de Marche

- L’étude de base de la généalogie de Mathilde d’Udekem d’Acoz

- Etymologie du toponyme Chéoux d’après une étude de Joseph Collet

   (notes transmises par M.Cl. Widart à Michel Chéoux )

- Les Alleux féodaux de Chéoux (transmis idem)

- Documents de bases : Hemricourt, Le Fort

- L’annuaire de la Noblesse Belge - ANB -

- Généalogies puisées sur Généanet : - Bussy - Auxbrebis -

- Groupes Yahoo : Hainaut - Dinant - Vesdre & Ourthe

 

Et, rendons à César ce qui est à César :

- Mes correspondants :

               - Yves Gob créateur et animateur du groupe Vesdre/Ourthe, pages dans lesquelles j’ai 

                 puisé de très nombreuses données généalogiques.           

               - Charles Kaens

               - Jean Ninane

               - J.F. Goffin

               - Michel

               - Madame Harsin pour l’étude des d’Ochain de Jemeppe

               - Michel Chéoux auteur de la généalogie de base des Chéoux de France et de Belgique

                 (et à travers lui, ses correspondants, Jean Javaux, Lambermont, Michel …… )

                 Correcteur, oups, quelle patience !

                 Conseiller, précieux !

                 Participant pour la recherche sur les ancêtres de la Princesse Mathilde (corrections,

                 comparaisons, mise en pages) Que d’heures consacrées à ce travail !

                

Son  site, http://www.  que je recommande vivement, complète les données de  la  famille française de Chéoux absentes ici, en réalité c’est la base de mon travail car je m’y suis référée pour cette présente étude.

Par ses recherches généalogiques sur la famille Chéoux de France et de Belgique Michel aurait souhaité démontrer que les Chéoux Français et Belges étaient issus d’un même aïeul…. Sans doute ne le saurons-nous jamais, on ne peut que supposer, imaginer, et éliminer les pistes possibles de transhumance Chéoux…… Pourtant l’Histoire a démontré, au cours d’études d’autres familles, que nos ancêtres voyageaient finalement beaucoup, que lors de conquêtes, le roi distribuait les châteaux, fiefs et autres biens nouvellement conquis à ses chevaliers nobles, que ces derniers y envoyaient dès lors les cadets pour gérer la situation de toucher les dîmes. Très souvent ces endroits étaient re-baptisés du nom du nouveau propriétaire, de nouveaux villages voyaient le jour…….

Une chose est certaine, les familles les plus anciennes, bien souvent titulaires de franc alleu, avaient à cœur de garder leur patronymique d’origine, il ne le changeaient pas contre celui du nouveau territoire.

 

J’en profite pour saluer en Michel Chéoux l’artiste, et remercier l’ami sincère qui m’a soutenue tout au long de cette quête. Grâce à lui, qui réside au fin fond de la France, dans ces Pyrénées qui m’étaient inconnues il y a peu, mais que j’ai vite apprécié, j’ai pu reconstituer la généalogie Gillet de mes enfants, chatouiller un peu les Chéoux, récupérer la plupart de leurs familles alliées, compléter les données sur Mathilde d’Udeken d’Accoz et me plonger dans l’Histoire.

Merci Michel.

 

Un peu d’Histoire…. belge

 

……le 26/7/1199, le traité de Dinant change le paysage. Le marquisat de Namur est dissous et les comtés de Durbuy, Laroche  ainsi que la prévôté de Poilvache sont rattachés au comté de Luxembourg dont le possesseur est, à ce moment, Thierry de Bar, époux de Ermesinde de Namur - Luxembourg, fille unique du comte Henri l’Aveugle…. Les seigneurs de Chéoux sont directement concernés puisqu’à présent leurs fiefs se trouvent dans le comté de Luxembourg !

 

Le premier personnage trouvé et attesté portant le nom de Chéoux est Melchior époux de Marie de Briffoz, fille de Jacques de Briffoz, seigneur du dit lieu (Villers aux Tours n’apparaît que bien plus tard sur un relevé des familles avec leur blason). Ils auront trois filles et un fils, d’après certains auteurs.

 

Le fond Monin possède quelques parchemins originaux et relativement anciens concernant cette famille de Chéoux, et, apparemment quelques autres plus récents dont je dirais qu’ils sont un essai de retranscription et c’est de là que proviennent certaines erreurs.

 

Un parchemin ancien parle de « Généalogie de la noble et très ancienne maison et famille de Chéoux »

« …… Bernard de Chéoux, fils aîné et légitime de noble et puissant Melchior le damoiseau …… du grand……de Durbuy et vaillant chevalier qui fut pendant l’an 1204 (1304 ?) touti ( ?) de Gérard de Luxembourg … et de Sybille ….. de Flandre » (?)

 

         Un poème vit le jour à l’occasion de la très fameuse et très épique bataille dite  de « La guerre  de la vache »  - datée de 1275 et qui dura deux ans - à laquelle prit d’ailleurs  part Gérard de Durbuy dit le comte de Luxembourg, et dans lequel apparaissent les de Chéoux :

 

« …sarteurs et bûcherons, qui vont, dit-on au sart bottés, en éperons…… »

 

On sait que Gérard, comte de Durbuy*, seigneur de Roussy né le 23/11/1223 occupait Durbuy, bien défendu par un château féodal, qu’il décéda en 1276 ou le 28/2/1303, qu’il  possédait aussi  Chéoux. De plus, en 1284 il reçut Melin comme seigneurie particulière du duc Jean Ier.

 

Il est fils cadet de Waleran IV duc de Limbourg dit Waleran d’Arlon, sire de Monschau

+ vers 1222

et de Ermesinde de Namur 1186-3/3/1247, épousée le 10/6/1214 (veuve de Thiebaut Ier comte de Bar et du Luxembourg)  

x Mathilde de Clèves en 1253 + avant 1304

    fille de Thierry de Clèves 1214-1245

   et de Elisabeth de Brabant + 1273

 

 

                     

Gérard III, comte de Durbuy

«  burelé d’argent et d’azur, au lion de gueules brochant, couronné d’or au lambel de même »

 

Henri VI de Luxembourg  avait :

«  burelé d’argent et d’azur, au lion de gueules brochant couronné d’or »

 

 

dont descendance : famille de Durbuy… **

 

1 Ermengarde de Durbuy née vers 1260, décédée après 1308

   x Gerhard V de Blankenheim né vers 1250 + après le 18/7/1309

      fils de Frédéric de Blankenheim

      et de Mechtilde de Blieskastel

      dont deux filles :

      - Catherine de Blankenheim

         x Arnold Ier de Raadt + 1330

      - Mathilde de Blankenheim

         x Thierry IV de Walcourt ça 1270 + 1317

            fils de Thierry III de Walcourt ça 1230 + 1276

            et de Joie de Condé

            petit fils de Gilles de Walcourt seigneur du lieu, de Rochefort, Château-Thierry

            et de Helwide de Faing dame de Château Thierry née vers 1205 + après 1268

            arrière petit fils de Thierry II de Walcourt ça 1180-1237

            et de Béatrix de Looz fille de Louis Ier de Looz et Agnès de Metz dame de Longwy

 

            dont : - Thierry V de Walcourt, seigneur de Rochefort, Clermont et Haneffe, voué de

                         Dinant né vers 1310 + 1374

                         x Agnès de Haneffe

                            fille de Jean de Haneffe seigneur de Warfusée né ça 1285 + 18/2/1328

                            et de Aélide d’Ochain née vers 1290 + après 1348

                            dont : - Jean Ier de Walcourt

                                         x Isabelle de Looz héritière de Agimont

                                            fille de Jean IV de Looz + 1374

                                            et de Jeanne de Gavre dame de Hérinnes

                                            suivre de Looz

 

2 Catherine de Durbuy-Limbourg née vers 1246 + 26/9/1326 ou le 12/10/1328  

   x Albert de Voorne le 30/12/1280 comte de Seeland, sire de Voorne + 12/1287

      fils de Hendrik  de Voorne + 1259

      et Catherine de Cysoing

   xx Wolfart Ier de Borsselen décédé en 1289

        dont, du premier lit : 

      - Hendrik de Voorne + après 1327 x Aleidis de Cuyck

      - Gérard de Voorne né vers 1280 + 1337 x Heilwig de Borsselen

                                                                           xx Elisabeth de Clèves

 

3 Mathilde de Durbuy-Luxembourg née vers 1247

   x Baudouin III de Henin sire de Fontaine l’Evêque et Sébourg, seigneur de la Marche +1295

      fils de Baudouin II de Henin + après 1274 chevalier, sire de Fontaie l’Evêque et Sébourg

      et de Isabelle de Hainaut dit/ou Mahaut de Bousie

      petit fils de Baudouin Ier de Henin

      et de Mahaut de Fontaine l’Evêque

      arrière petit fils de Baudouin II de Cuinchy

      et de Marie de Henin + avant 1229

      dont :

      - Marie de Mortagne et Boulogne + 1355

         x Jean de Berlaer

      - Baudouin IV de Henin

         x Aliénor d’Apremont décédée en 1350

             fille de Geoffroy III d’Apremont

             et de Isabelle de Quiévrain

             dont : - Isabeau de Henin + 1349

                          x Robert de Condé + 21/4/1359 seigneur de Strepy et Héry, sire de Morialmé

                             époux en secondes noces de Marie de Ghistelles avant 11/1358, + avant

                             12/3/1381 fille de Jean IV de Ghistelles et de Marie de Luxembourg

                             suivre Les seigneurs  Apremont

 

4 Agnès de Durbuy née vers 1248

 

5 Pentecôte de Durbuy née vers 1249

   x William de Tournai le 1/1/1299, seigneur de Rumes 1268-1302

       fils de Arnould de Tournai  seigneur de Mortagne, châtelain de Tournai né en 1220 + en 1280 

       et de Yolande de Coucy

       xx Isabelle d’Oudenarde ci-dessous

       xxx Elisabeth de Sloten

       xxxx Isabelle de Wilde d’Espel

 

      N.D.L.R. Tournay dans les Pyrénées est une ville créée par le roi de France, Philippe le Bel, 

      coïncidence ? Tournai, en Belgique faisait partie des Flandres à cette époque, donc sous

       férule du roi de France.

       - voir texte sur la croisade des Albigeois, ci-dessous -

 

6 Isabelle de Durbuy dame de Roussy née vers 1254    

   x Henri VI de Grandpré seigneur de Livry né en 1265 + avant 1287

      fils de Henri V de Grandpré comte de Grandpré, seigneur de Livry

      et de Isabeau de Brienne dame de Rameru

      veuf de Laure de Montfort

      fille de Amaur de Montfort 1195-1241

      et de Béatrix d’Albon 1203 + après 1248

      dont : 

     

       - Gérard de Grandpré, chevalier, seigneur de Houffalize et Roussy + 29/12/1356

          x Béatrice de Luxembourg, dame de Houffalize 1289-1310 épousée avant le 1/12/1321

             fille de Henri bâtard de Luxembourg + 1288

             et de Isabelle de Houffalize

          xx Isabelle d’Oudenarde le 1/12/1321

               fille de Arnould d’Oudenarde, chevalier, pair de Flandre

               et de Isabelle de Hainaut  épousée le 23/6/1274 à Sébourg

               Veuve, elle xx William de Tournai seigneur de Rumes 1268

               fils de Arnould de Tournai 1220-1280 et de Yolande de Coucy

               suivre Grandpré

 

7 Marie de Durbuy dite Marie de Bouchout (?)

   x Jean de Trazegnies

      dont :

      - Marie de Trazegnies

 

8 Marguerite  de Durbuy-Luxembourg née vers 1251, alias Marguerite de Luxembourg

   x Jean III de  Ghistelles selon un acte du 12/6/1289 chevalier, seigneur d’Ingelmunster

      fils de Jean II de Ghistelles , seigneur de Ghistelles et Formeselle né vers 1250 + 9/8/1281

      et de Isabeau de la Woestine + après 1308

      dont :

      - Jean IV de  Ghistelles + 1346  à Crécy

         x Maria de Haveskerque 

            fille de Pierre de Haveskerque

            et de Marie de Straeten

         xx Marie de Luxembourg + 1337

              fille de Walram de Luxembourg, comte

              et de Jeanne de Beauvoir née en 1250 

              dont deux enfants

         xxx Yolande de Borles

 

« Gérars de Luxembourgh sire de Durbuy et Mehaus, sa feme, dame de cel meismes liu, faisons savoir  ke comme ensi soit ke nous païens ahieretée no chière fille Margherite pour le mariage kele fait avoce mon seingneur Jehan de Ghistel, seingneur de Ghistele, de Formeseles et de La Wastine…. Stirum Limbourg 1868

 

C’est vrai que Gérard est cadet de famille, son frère Henri V le Blond sera comte de Luxembourg, et quand on sait que Durbuy est la plus petite ville de Belgique ……. à moins de retrouver toutes ses possessions, le moins que l’on puisse dire dans l’état actuel de la recherche c’est qu’il n’était pas très riche…. On voit également qu’il avait à cœur de marier ses filles avec les seigneurs du cru… pour étendre son pouvoir ?

 

Ermesinde était la fille unique de Jean l’Aveugle comte de Luxembourg et Namur et d’Agnès de Gueldre. De son premier mariage elle garde le Luxembourg, et veuve une seconde fois, elle l’administrera seule durant 21 ans.

Il est très établi comme certain, à présent, que la dîme due, et payée à Ermesinde via l’abbaye de Clairefontaine,  provenait du lieu de Chéoux et non de la famille de Chéoux, qui, nous venons de le voir, possédait Chéoux en franc alleu…..du moins une partie. Toutefois, cette abbaye fut édifiée entre 1247 et 1250, il est donc impossible que le dîme soit payée à l’abbaye, mais pas impossible qu’elle l’ait été à Ermesinde qui était comtesse de Luxembourg et qui possédait très probablement Chéoux (en partie) avant de le céder à  son fils Gérard de Durbuy. 

 

Mais c’est Havis de Bar qui fut la première abbesse de Clairefontaine, entre 1257 et 1280, fille de Henri II de Bar et de Philippine de Bretagne. Havis était la sœur de Thiébaut II de Bar époux de Marguerite, comtesse de Luxembourg.

Havis acquit donc très probablement de cette dernière, les dîmes de plusieurs lieux dont Hives, Altlinster, Fresnois, d’Autel et … Chéoux, puisque ces fiefs appartenaient à la maison des comtes de Luxembourg.

 

* Sur un ancien document dont on se base pour reconstituer la généalogie des Chéoux, on trouve : 

 

Indications tirées de Lefort et complétées par les régistres paroissiaux de Rendeux St Lambert

«  En 1304 vivait à Chéoux Gérard comte de Luxembourg et en 1309 résidait aussi à Chéoux Gérard comte de Durbuy  »

Ajouté en note en bas de page : Il n’a pu être établi que ces deux comtes étaient parmi les ancêtres des seigneurs de Chéoux…….

 

N.D.L.R. Le problème est que ces deux personnages étaient une seule et même personne, il serait donc nécessaire de prendre avec prudence les données sur la famille de Chéoux à commencer par la note rajoutée ultérieurement au dos d’un document et donnant à Bernard de Chéoux trois épouses, une concubine et 52 enfants !

 

** Dans son livre sur l’histoire locale de Chéoux, Jean Collet précise que Melchior de Chéoux serait un lointain descendant de Gérard de Durbuy qui avait des biens à Chéoux.

 

N.D.L.R. Dans ce cas il faudrait chercher parmi les époux des filles de Gérard de Durbuy….. qui semble n’avoir que des filles. Peut-être par le blason de famille ? On sait que Bernard de Chéoux hérite de biens sur Chéoux, Durbuy et même Laroche, de par sa femme, née d’Autel, famille puissante s’il en est !

 

Melchior, dit joyeux et plaisant compagnon, possède des biens à Durbuy, Chéoux, probablement Laroche, il est dit écuyer, donc il n’est pas un aîné de famille mais damoiseau, c'est-à-dire écuyer d’un seigneur comte. Mais il ne vit pas à l’époque du comte Gérard de Durbuy !

 

Toutefois, c’est un guerrier, son compagnon d’armes est connu : il s’agissait du seigneur de Logne, et à cette date, il se nommait Henri dit de Gesves, seigneur de Bomal, châtelain de Logne et que l’on situe tel de 1403 à 1431, date à laquelle Persan Ier de Hamal, seigneur de Petit Bomal, voué d‘Ozo + en 1445 lui succède à Bomal.  Il ne faut pas oublier que Rendeux se situe sur la frontière établie par Jean l’Aveugle roi de Bohême et/ou le roi Wenscesla. Melchior était probablement sous les armes et servait sous les ordres de Huart d’Autel, qui était maréchal et sénéchal du Luxembourg et dirigeait le duché du Luxembourg (dont Chéoux-Rendeux faisait partie) au nom de son suzerain. On sait  que Huart d’Autel leva des troupes à Durbuy en 1412, qu’il vivait sur un pied de guerre au château de Laroche, véritable forteresse, et qu’il se rallie à Philippe de Bourgogne en 1443. C’est aussi l’époque ou le pays est à feu et à sang avec sa bande d’écorcheurs dirigés par Barthélémy d’Autel face à Philippe de Bourgogne…..Voir les seigneurs d’Autel.

 

Melchior de Chéoux est donc le premier de Chéoux attesté en Belgique, né vers 1420, mais, Hemricourt, dans sa relation de « La guerre des Awans » en 1325 (contre les Waroux) cite un chevalier, Jean de Chier…… peut-être déformation du patronyme Chéoux qui déjà se nommait au XIIème et XIII ème siècles, Chiu, et avant cela, Siu.

Quand on sait la difficulté pour les patronymes de se fixer, ainsi que les problèmes d’écriture et de langue, le wallon faisant force de loi déjà à cette époque…..

Pour autre exemple, en 1482 de Briffoz s’écrivait de Breffe……

 

Nous aurions donc déjà des Chéoux en 1275 et Jean de Chéoux en 1325…..ensuite Melchior de Chéoux naît vers 1420.…..

 

Parallèlement à Chéoux Belgique, nous avons également Cheux en Bourgogne (reste à voir si ce patelin a un rapport avec la famille bourguignonne soupçonnée provenir de Belgique) et Chéoux - devenu Cheust - du côté des Pyrénées françaises, annoncé par Michel Chéoux, descendant d’ancêtres Chéoux émergeant à Campan. Ce qui avait faussé le jeu car imaginant une piste venue des pays arabes (conquêtes) qui générait des Chéoux s’expatriant vers le nord, alors qu’en cernant un peu mieux le sujet, on s’aperçoit qu’il existe plusieurs possibilités qui prouveraient le contraire.

 

Survol des diverses Croisades auxquelles auraient pu prendre part des Chéoux cadets de familles.

 

Première Croisade : 1096-1099 divisée en quatre mouvements, le 1er, à pied par la Vallée du

                                 Danube, le 2ème, à pied par la Dalmatie guidée par Raymond IV de Toulouse,

                                 le 3ème par la Macédoine. Enfin le dernier groupe passe par les Alpes et l’Italie.

 

Seconde Croisade :  1147-1149 Passera par la Vallée du Danube

 

Troisième Croisade : 1189-1192 Se dirige vers Aigue Morte pour passer par la mer

 

Quatrième Croisade : 1202-1204 S’embarquent à Venise

                                   1208 Croisade des Albigeois - voir ci-dessous -

                                   1212 Croisade des Enfants - pas un n’arrivera vivant.

 

Cinquième Croisade : 1217-1221 Par la mer, directement à Acre

 

Sixième Croisade : 1228-1229 Embarqués à Brindisi, menés par Frédéric de Hohenstaufen

                                1230 Thibaut de Champagne organise une nouvelle croisade des Barons

 

Septième Croisade : 1248-1254 Embarquement à Aigues Morte

                                  1251 Croisade des Pastoureaux (ruraux)

 

Huitième Croisade : 1270 Passent également par Aigues Morte.      

                                 1285 Croisade d’Aragon - voir ci-dessous -

 

                                 1291 A partir de Chypre, les mongols se joignent aux croisés suite à une

                                           alliance secrète de Philippe le Bel avec ces derniers.

 

De cette liste, seules deux croisades seront retenues comme étant passées dans des lieux successibles d’avoir retenus certains et les avoir vus s’établir dans la région.

 

Mais il y a également……

 

Les Ecorcheurs…………. Puisqu’il faut bien en parler…

 

Émergence des écorcheurs, bande de mercenaires laissés sans réengagement et qui dévastent le pays. En comté de Luxembourg, ils sont conduits par un seigneur d’Autel alors même que l’aîné de cette famille est sénéchal du comté !

Barthélémy d’Autel, pour ne pas le citer, (paraît en 1412 - mariage) de concert avec son compagnon et ami  Jean de Beauraing écumaient la région par vengeance contre le duc de Bourgogne…..

 

Mais des écorcheurs ont sévis dans toute la France et jusqu’en Béarn, sont - ils passés en Bigorre ?

Un Chéoux faisait-il partie de ces bandes d’indisciplinés sanguinaires ? Il est toutefois inconcevable, donc à exclure, qu’il ait pu s’établir, créer un lieu et le nommer de son patronyme, Chéoux, en retirer profits et hommage, bref en être le seigneur et maître.

 

Ces mercenaires sont, de toute façon, apparus trop tard dans l’Histoire pour être associés à  cette possibilité.

 

Piste à abandonner.

 

La Croisade des Albigeois

 

«  Le pape déclara que tout catholique qui combat les Albigeois aurait les mêmes indulgences que le croisé en terre sainte… le fief de l’hérétique deviendra la propriété de celui qui le prendra …..»

 

C’est en  1208 que débute la croisade contre les Albigeois.

En 1209, les troupes françaises s’emparent de Béziers, toute la population est exterminée. C’est ici que se place l’expression bien connue :  tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens….

 

Pour se diriger vers Minerve en 1210, s’emparer de Trencavel, Carcassonne, en vicomté d’Albi.

Simon de Montfort prend Toulouse puis les villes et forteresses du Lauragais, du Quercy, puis le Razes.

 

En 1213 La bataille de Muret fait rage, puis le comté de Toulouse est ravagé.

En 1216 Mariage de Pétronille, héritière du comté de Bigorre, elle épouse Guy de Montfort, fils

               de Simon de Montfort. Ce mariage livra le Bigorre aux Croisés……

En 1218 Simon de Montfort décède devant Toulouse

En 1220 Prise de Castelnaudary

En 1221 Prise de Montréal

En 1222 Raymond VI de Toulouse décède

En 1224 Les seigneurs occitans ont repris leurs droits et leurs possessions.

En 1226 Le roi Louis VIII reconquiert l’ensemble

En 1229 Le comté de Carcassonne sera réuni à la France sous Louis IX

En 1240 Siège de Carcassonne

En 1244 Siège du château de Montségur

En 1255 Siège de Quéribus

En 1258 Louis IX renonce au comté de Toulouse au profit de Jacques Ier d’Aragon

En 1271 Le comté de Toulouse sera réuni à la France

En 1278 Bûchers de Cathares à Véran et Sermione, à Villerouge Termenès, emmurement plus de 500 cathares dans les grottes de Lombrives

En 1300 Nouveau soulèvement des Albigeois

 

         

 

Château de Quéribus                                               Château de Peyrepertuse

Capitulation en 1255                                                 Siège et prise en 1240

 

A partir de 1255 on peut dire que les comtés de Toulouse, de Foix et Trencavel sont vassaux du roi de France, mais toujours sous influence du royaume d’Aragon. Le roi de France créera donc des Sénéchaussées chargées de protéger les possessions. De même, des terres, châteaux et autres possessions changeront de propriétaires : ce sont des nobles français qui profiteront de la distribution des biens cathares.

Des villes de défenses seront créées sous le titre de Bastide de ….. Sous la férule des seigneurs français, nul doute qu’ils ont donné leurs noms à ces endroits….. en étant légalement propriétaires par droit de conquête. On sait que le pays regorgeait d’atalayes, sorte de forts dotés d’un donjon qui permettait de communiquer à vue, par signaux et fumées.

 

« ……Philippe agréa et confirma la donation avec toutes ses clauses en autorisant son sénéchal à se    concerter avec Boémond d'Astarac pour octroyer les us et coutumes particuliers à ceux qui viendraient habiter la Bastide de Tournay . Par ses soins , les murs s'élevèrent rapidement : la protection royale et surtout les nombreux privilèges concédés à la ville y attirèrent un si grand nombre d'habitants que Tournay figura bientôt au rang des premières bastides de Bigorre……

         Extrait de la monographie de Tournay , Navarre , Instituteur ( 1887)

 

Parmi les châteaux qui étaient sensés abriter des Cathares (mais tous ne l’ont pas fait…) Montségur, Puylaurens, Peyrepertus, Quéribus, Puivert, Lastours, Rennes le Château, Arques, Durfort, Padern, Usson, Roquefixade, Pieusse, Saissac, Béziers, Carcassonne, Bram, Minerve, Termes, Le Bézu, Marmande, Lavaur, Beaucaire, Avignonnet, Usson, Cabaret, Lastours, Lavaur, Aguila, Montailliou, Pieusse, Arques, Villerouge….. Et bien d’autres…..

Les bases de l’église cathare se trouvaient à Albi, Toulouse, Carcassonne, Val d’Aran, Agen, Razès.

 

On peut donc dire sans coup férir qu’à partir de 1216, et pendant un siècle, les batailles sont discontinues dans tout le Sud Ouest de la France. Les hérétiques passent en Bigorre, les croisés les y poursuivent, les châtelains et toute la noblesse se trouvent embarqués dans des querelles féodales.

 

C’est Philippe le Bel qui mit fin à toutes ces bagarres ne mettant le Bigorre sous séquestre et administrant le comté, confirmant tous les privilèges accordés aux villes, y plaçant un sénéchal.

 

Nous y reviendrons.

 

La Croisade d’Aragon

 

Le 15/6/1285, vingt mille cavaliers et quatre vingt mille fantassins, conduits par Philippe III de France dit Philippe le Hardi, franchissent les Pyrénées au col de Mangana pour faire le siège de Gérone, lequel durera du 26/6/1285 au 7/9/1285 et se terminera par la déroute de l’armée française.

Déjà en 1283, Eustache de Beaumarchais gouverneur de Navarre avait tenté de faire irruption en Aragon mais avait été repoussé.

 

Le roi de France, du fait de son épouse, Isabelle d’Aragon, s’estimait en droit de revendiquer ce comté. En mai 1285, son armée, déjà arrivée à Narbonne, se dirige vers le Roussillon et parvient bientôt en vue de Salse que Philippe III pensait occuper en vertu des accords passés entre lui et le roi de Majorque (dont Perpignan était la capitale) mais les habitants lui en refusèrent l’accès…..il les passa tous au fils de l’épée, hommes, femmes et enfants.

 

Sans que l’on sache pourquoi, un grand nombre de croisés qui avaient participé à cette croisade sous couvert de gagner des indulgences, avaient alors quitté l’armée réduisant fortement celle-ci. Le roi de Majorque, suite au problème rencontré à Salse, dût remettre des otages au roi afin qu’il puisse s’assurer des villes et châteaux de La Roca, La Cluse, Collioure et Elne, y laissant des hommes en garnison. Perpignan fut occupé par mille hommes d’armes.

Le roi de France arriva ainsi au Boulou qu’il dut prendre les armes à la main, harcelé par Pierre d’Aragon qui cherchait à épuiser l’armée et défendre son royaume.

Il fut impossible au roi de France de franchir le col de Panissars gardé en ses sommets par les troupes de Pierre d’Aragon qui en connaissaient tous les recoins.

 

Il est logique que l’armée se trouva bien vite réduite, d’une part par les combats, mais aussi par les troupes que les prises de villes comme Elne (et là aussi, il est dit, d’après les anciennes chroniques de Flandre, que les habitants furent tous occis) exigeaient.

Un chroniqueur catalan, Muntaner, prétend que quatre moines de Toulouse indiquèrent au roi de France un autre chemin pour traverser les Pyrénées, faiblement gardé : le col de Massane.

Le comte d’Armagnac et le sénéchal de Toulouse furent envoyé avec quelques hommes à ce col, de nuit, guidés par les quatre religieux et massacrèrent les gardes; en quelques jours ils élargirent le passage (!) et l’armée française pénétra enfin en Catalogne.

 

Marche forcée jusque Péralada où résidait, apparemment, le roi d’Aragon qui abandonna la place après y avoir mis le feu, passa à Castellon de Ampurias, puis Gérone, Besalu et enfin Barcelone.

En ces places qu’il fallait prendre et occuper, Philippe le Hardi laissait donc, à chaque fois, des hommes de garde, mais aussi des malades, des blessés, des morts….. Rosas, Blanes, Cadaquès furent conquis, pillés, occupés, le pays saccagé jusque Gérone.

 

De son côté, la flotte française, composée de treize galères, fut attaquée par Pierre d’Aragon qui tua plus de cinq mille hommes, en fit des centaines prisonniers.

Le retrait éventuel de l’armée française par la mer était donc coupé. Le moral de celle-ci n’était guère bon, Gérone, dont l’assaut perdurait, la famine qui commençait à s’étendre au camp n’étaient encore rien par rapport au typhus des armées qui sévissait parmi les hommes.

Gérone tombe aux mains des français le 7 septembre, mais l’armée est décimée, le roi lui-même est atteint et pense à rentrer en France, redoutant avec raison le passage du col de Panissars, il essaya de passer par Besalu qui, attaqué, résista tant et si bien que le roi se tourna vers Panissars……

 

Ordre fut donné aux hommes restés en garnison à Toulouse, Béziers, Carcassonne, Narbonne de passer par la Cluse et d’aller à la rencontre de l’armée en déroute, porter aide et vivres. Repassant les Pyrénées le 30 septembre sans omettre de laisser une importante garnison à Gérone sous la houlette de Eustache de Beaumarchais, néanmoins abandonnée dès le 12 octobre suivant, l’armée se traîne alors péniblement, le col de Panissars est traversé tant bien que mal, plutôt mal, puisque des bandes d’almogavares, accrochés aux versants, écrasaient de rochers l’armée en déroute qui passait en contrebas.

Des arrières gardes constituées, aucun n’en sorti vivant.

 

Les français traversèrent ensuite le Perthus où il retrouvèrent les hommes du roi de Majorque venus leur porter secours du Roussillon, du Conflent, de la Cerdagne, de la Cluse et du Boulou laissant derrière l’armée en déroute des chemins jonchés de cadavres….. 

« Il en mourut plus entre le chemin du Boulou et Narbonne que durant toute la campagne » dira encore Muntaner.  

 

Cette croisade, ainsi vue (http://www.mediterranneesnet/histoire_Roussillon) exclut radicalement la possibilité qu’un croisé, fut-il chevalier ou écuyer, puisse survivre dans cette contré pour le moins inhospitalière. Ces batailles ont toutes eu lieu à l’extrême est des Pyrénées et il semble impossible que l’un ou l’autre de ces participants aient pu rejoindre Campan, Lourdes ou Argelès……

 

Cette piste est donc abandonnée.

 

1293 La Gascogne est occupée par les français qui repoussent les prétentions et la main mise

         anglaise sur ce territoire.

 

1297 Guy de Dampierre comte de Flandre s’allie à l’Angleterre *

 

1307 Annexion des fiefs d’Angoulême et de Bigorre par Philippe le Bel

 

1324 Charles le Valois reprend le Bazadais en Guyenne

 

1366 Intervention française en Espagne, Du Guesclin fait triompher la dynastie des Trastamare qui

         deviennent ainsi les alliés de la France

 

* Diverses batailles entre les Flandres et Philippe le Bel.

 

Le commerce de la laine était devenu florissant entre l’Angleterre et les Flandres qui s’étendaient au Nord de la France et comprenaient la moitié Ouest de la Belgique actuelle.

Le roi Philippe, toujours avide de numéraires et de territoires voyait cette alliance commerciale d’un très mauvais œil.

Il intervint donc en fermant aux Anglais la route maritime vers la Flandre, levant des nouveaux impôts sur les villes, allant jusqu’à vouloir supprimer leurs libertés bourgeoises.

La grogne s’installe donc et la rébellion suit rapidement du côté des Flamands qui ont à leur tête Guy de Dampierre. Il s’ensuit la bataille de Furnes, victoire remportée par les Français.

 

La répression est sévère mais les flamands récidivent à Bruges. Le 18/5/1302, très tôt matin, des hommes armés s’introduisent dans les maisons où se trouvent les hommes de Philippe le Bel (un millier) et les égorgent après leur avoir demandé de répéter : «  Schield of vriend ? » Phrase imprononçable pour qui n’est pas de Bruges…..Cette expédition punitive sera appelée « les mâtines de Bruges »

 

S’ensuit la bataille de Courtrai gagnée par la Flandre et appelée « bataille des éperons d’or » car les français en déroute abandonnèrent sur le champs de bataille armes, boucliers et éperons.

C’est vrai qu’ils avaient été attirés dans un terrain boueux et malgré la supériorité du nombre, ils subirent un échec cuisant.

Guy de Dampierre décède en 1305 et son fils qui lui avait succédé succomba plus tard lors d’une autre bataille.

L’Angleterre est peu intervenue dans ces règlements de compte qui, finalement l’arrangeait bien et lui permettait de conserver ses territoires français. Mais si les antagonistes de cette périodes étant pratiquement tous décédés entre 1305 et 1308 (c’était aussi l’époque de l’éradication des Templiers) la période suivante embraya avec la guerre de 100 ans !

 

C’est ici que nous aurions pu rencontrer Arnaud Raymond IV de Castelbajac, baron, 8ème du nom, sénéchal de Bigorre, qui se trouva embauché par le roi Philippe le Bel pour guerroyer contre les Flandres et dont le frère, Pierre, sera fait baron de Castelbajac par le roi.

 

Mon ami Michel Chéoux avait émis l’hypothèse que le seigneur de Castelbajac, en s’en allant guerroyer vers le nord, avait pu emmener, parmi ses seigneurs ou manants de Bigorre, un Chéoux.

 

Il faut se rappeler qu’à ce moment la Belgique était déjà coupée en deux, à l’Ouest la Flandre qui s‘étendait jusque bien loin dans la France actuelle, le côté Est étant possession des comtes de Luxembourg depuis 1199, via l’empereur germanique, et menait ses propres batailles contre les comtes du Hainaut,  de Flandre, de Namur et j’en passe !

 

A voir les trajets effectués par nos ancêtres, il semble qu’il y ait bien plus de chance et surtout de raisons  pour un Chéoux de vouloir aller vers le Sud !

 

D’après les recherches effectuées par Michel Chéoux, Castelloubon, situé près de Lourdes, Pyrénées, appartenait au comte de Labedan, Mansion Loup, et ce, dès le Xème, et ses descendants occuperont le castel jusqu’au 17 ème siècle.

Par la suite, ces seigneurs occuperont également le Castel Gélos qui fut construit tout au début du XIV ème.

Parmi les fiefs qui en dépendaient de Castelloubon, et qui font penser aux atalayes, se trouvait Chéoux, devenu Cheus par la faute d’un nouveau curé qui transcrit les actes avec l’erreur qui se répète désormais, d’autant plus facilement que Chéoux n’est pas un nom courant pour la région et que, de plus, « cheus » est aussi un mot patois courant signifiant « ceux »…..

On trouvait, parmi ces fiefs, Gazost, Berbérust Lias, Ger, Gey, Juncalas, Lugagnan, Neuilh, Ourdon, Ousté, Ourdis, Cotdoussan et St Créac, sans que l’on puisse donner avec certitude leur date de création.

 

Michel Chéoux date ce fief de Chéoux - Cheust, de la même époque que Castelloubon, suivant l’assertion un auteur de la région, mais la date du 13ème est avancée par un autre auteur…….

 

La maison de Béarn qui succéda à celle de Carcassonne à la fin du XI ème en la personne de Bernard II, fils de la comtesse Béatrix et de Centulle de Béarn, fit rédiger par écrit les coutumes de Bigorre. Cette charte commence par énoncer les devoirs du comte dont, entre autres, fournir une caution à chacune des vallées de Lavedan et Barèges. Les gentilshommes du pays, habitants des vallées doivent alors prêter serment de fidélité envers leur seigneur.

 

« Le comte avait seul droit d’ost et de chevauchée mais il ne pouvait faire marcher à sa suite les habitants des deux vallées qu’en cas d’invasion »

 

Suivent alors d’autres devoirs dus par les habitants envers leur seigneur : poule à Noël, agneau à Pâques, trois corvées par an etc…etc….

Ces coutumes furent rédigées en 1097, alors qu’aucun état d’Europe féodale n’avait encore écrit les siennes et que débutait le siècle des croisades !

Elles ne nous intéressent que dans la mesure où nous pouvons trouver ici la preuve que le seigneur de Castelbajac n’avait, à l’époque, pas pu entraîner avec lui ses sujets dans une guerre qui  n’était pas la leur, fut-elle franco-flamande, et, par la suite, le roi Philippe le Bel avait maintenu les coutumes et droits propres au Bigorre, confirmant par ailleurs la charte de 1097.

 

Quant à l’annexion du Bigorre par le roi en 1307, justement, elle suit simplement la période de séquestre dont parlé précédemment et, nous l’avons vu, il créera de nombreuses Bastides…….

 

On peut donc penser que, entre 1214 et 1307, un Chéoux s’installe dans le coin participant à un moment ou à un autre, soit à la croisade contre les Albigeois en 1208, soit aux échauffourées contre les Anglais qui tentaient la main-mise sur ce territoire du Sud, soit à l’occupation - à partir de 1255 - à la suite du séquestre, soit même à l’annexion du Bigorre par Philippe le Bel en 1307.

 

Sachant que Chéoux Belgique tombe dans l’escarcelle des comtes de Luxembourg en 1199, on peut supposer que l’un des seigneurs de Chéoux, chevalier, s’engage au service du roi de France.

 

A Campan, Pyrénées, on trouve des Chéoux :

 

Jehan de Chéoux né vers 1280

 

Arnaud de Chéoux né en 1575 x Maria Mique

 

Maniolou de Chéoux et Jeanne de Soucaze baptisent leur enfant né le 28/10/1651

                                     le parrain étant Pierre Couture, la marraine Marie de Soucaze

 

A Bagnières de Bigorre :

 

N. de Chéoux paraît en 1429

 

Bien évidemment,  pas de trace de noblesse dans ces familles, ce qui plaide pour, au départ, un cadet purement et simplement abandonné et livré à lui-même aux siècles précédents et retombé dans la roture. Mais ne dit-on pas que les Chéoux de Belgique, quoique nobles, étaient donnés eux-mêmes pour cadets, y compris Melchior de Chéoux….. Quid du chef de famille ? D’autant que le premier blason représente un lion (force et courage) et c’était, en héraldique, l’une des toutes premières représentations d’animaux, avec les incontournables merlettes (voyages au-delà des mers, par principe les croisades, sinon blessures de guerres, pour d’autres auteurs…)

Les blasons apparaissent début du XII ème, lors des Croisades, encore que les sceaux existaient déjà au VI ème siècle.

 

La question se pose donc quant à savoir quel Chéoux fit ce voyage incroyable pour l’époque, quand et à quelle occasion.

 

Sauf nouvelles découvertes, les ancêtres Chéoux sont, et restent, insaisissables !

 

Il appartient à chacun la possibilité, à la lumière des données historiques énumérées, de tirer ses propres conclusions.

 

         Généalogie de Chéoux de Belgique

 

D’après les documents trouvés au fond Monin des archives de Namur, vus personnellement, de documents divers cédés amicalement par Marie Claire Widart à Michel Chéoux, mon correspondant de France qui me mit sur la piste des co-auteurs de la recherche concernant la généalogie complétée de Mathilde d’Udekem d’Accoz, princesse de Belgique.

 

        Chéoux, Sigudis signifiant « domaine de » 

               Sigold, origine germanique de « victoire »  

               Sigwald, de waldan,  « garder »

 

En roman, Chi étant « case, habitation »

                  Oux désignant une élévation au contraire de Oul  étant le creux

                  Ce qui donnerait « la maison sur la hauteur »

 

Chéoux Lavaux est une partie de Chéoux dans la vallée, partie du fief de Rendeux Haut du comté de Laroche et Chéoux Noblesse était une partie de Chéoux qui était habitée par des familles nobles, notamment la famille de Chéoux titulaire de la cour de Jamotte, dépendait de la paroisse de Hodister.

Chéoux Noblesse était un franc alleu dépendant de la seigneurie de Marcour, comté de Montaigu.

Ces seigneurs de Chéoux refusaient de comparaître devant la cour de Marcour - siège de la prévôté des Rivières - et faisaient appel directement à la cour de Luxembourg, ils invoquaient leur noblesse pour ce faire…. Cependant les alleux qu’ils détenaient dépendaient de la cour de Marcour…

Et ces alleux leur donnait le pouvoir de jouir, disposer et aliéner ces biens. Ils étaient de même exemptés de toutes charges, ne faisaient pas reliefs de leurs propriétés (déclaration de biens), c’est donc qu’ils les possédaient en toute légalité et de noblesse immémoriale….

Il est fort probable que leur noblesse soit bien plus ancienne que bien des familles citées au niveau des sidérurgies qui se sont développées relativement tôt dans le secteur et qui anoblirent leurs propriétaires successifs.

 

Il semble bien que ces Chéoux se démarquèrent très vite des autres nobles de la région par leur façon de vivre relativement marginale. Si les premiers cités furent bien des seigneurs guerriers, les suivants devinrent des seigneurs…. laboureurs, et ce, relativement tôt puisqu’un récit concernant La guerre de la vache, qui eut lieu au départ, sur leurs terres, les obligeant à prendre parti, les cite en se moquant, portant éperons à leurs bottes …..

De plus, ils étaient donnés pour violents, ladres et rapaces, apparemment pas très aimés.

 

Un des leurs, Henry de Chéoux, quoique mayeur de Hodister, échevin de Rendeux et Hampteau, fut assassiné « le jour des rois 1674 »

 

Ils possédaient Rianwez, Censens, Biron, Ny, Chéoux Noblesse qu’ils ont probablement créé, mais aussi, et en premier,  Jamotte et Journal dépendants de Laroche en Ardenne, des biens à Durbuy.

 

Leurs blasons :

 

Blason original  peut-être attribué à l’aîné…..

 

                          

« coupé, en chef d’or à trois quintefeuilles mal ordonnées de gueules, en pointe d’argent au lion  léopardé ( ?) de sable, colleté  de gueules »

 

Remarque : l’un des lions est représenté rampant, l’autre courant. Erreur d’héraldiste ou déjà divergence entre deux branches ?

 

Probablement cadets :

 

Chéoux Rendeux

 

« de gueules au lévrier courant nt colleté de gueules bordé d’or, accompagné en chef de trois roses d’argent rangées en fasce »

Cimier : le lévrier issant

 

 

Variante

 

« de gueules au chien d’argent colleté d’or, au chef d’or à trois roses de gueules boutonnées d’or posées  1-2 »

 

 

 

Variante, Rietstap, I, 414 - Luxembourg

 

« de gueules, au lévrier rampant d’argent, colleté de gueules, bordé et bouclé d’or, accompagné de 3 roses d’argent rangées en chef »

 

 

En Bourgogne :

 

                         

« d’or au chevron d’azur, chargé d’une croix ancrée d’argent et accompagné en pointe d’une rose de gueules »

Cimier : Un aigle de sable couronné d’or

 

Famille dite originaire de Bourgogne, anoblie en 1536. Rien ne laisse présager un quelconque lien familial, d’autant qu’il existe en Bourgogne le village de Cheux réputé de tout temps pour ses activités de sorcellerie *  

 

Mais un doute subsiste quant à ce dernier. Ce blason pourrait être celui d’un fils de Thiry Bernard de Chéoux, petit fils de Melchior, et de Marie de Harre de Noirmont. Le Blason de la famille de Harre contenant deux croix ancrées….. En ces périodes lointaines, lorsqu’un enfant partait s’établir ailleurs, on ne le trouvait pas répertorié dans sa propre famille, il n’y avait aucune trace ! Il ne faut pas perdre de vue que cette époque était justement l’époque bourguignonne et bon nombre de familles voyaient certains de leurs membres prendre parti pour le duc de Bourgogne et donc devenaient ainsi des parias….. Il ne faisait pas bon rentrer au pays ensuite…..

 

Bien peu de familles revendiquent le lévrier courant dans leurs armes, et parmi elles, l’ancienne et noble famille Chaix, sous diverses variantes.

 

D’après ce testament du 14/6/1472, Melchior de Chéoux seigneur dudit lieu, possédait pas mal de biens.

La première découverte est qu’il s’est marié deux fois. Impossible de trouver le nom de sa première épouse, mais à l’époque de son testament, la seconde, qu’il cite, Maroie (Maroye), probablement Marie Briffoz, vivait encore et les biens qu’il cède à ses trois filles, Julienne de Chéoux, issue du premier mariage et épouse d’un Wuillaume, Catherine de Chéoux également de son premier mariage, et Agnès de Chéoux, ne seront cédés qu’après son décès et celui de sa femme alors qu’il déclare que ces biens font aussi partie de leur dot.

 

Par contre il cède tous les biens qui se trouvent à Chéoux, parmi d’autres, à Bernard de Chéoux, son fils aîné.

Des biens vont également à Thibaut de Chéoux, son bastard.

Il est difficile, si pas impossible d’énumérer tous les biens répertoriés sans risquer de graves erreurs de compréhension et donc je m’abstiendrai.

 

Bernard de Chéoux, fils aîné,  mayeur de Hampteau, prévôt des Rivières, vicomte de Férot (parce qu’il possédait tout ou une partie de Férot qui était un vicomté) seigneur de Rianwez et Rendeux Ste Marie (de par son mariage en 1465 avec Catherine d’Autel), propriétaire de Ny, Biron, Nettine, Grand Han, Journal. Il possédait aussi des biens à Durbuy, Hampteau et même Laroche. Il relève Busin et Failon en 1497.

 

Il vivait à Chéoux à la date de son testament, soit le 21/8/1518 et serait décédé en 1520 selon certain parchemin, en 1530 selon une traduction plus récente.

 

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