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CAMPAN, 65710 - chef lieu de canton. Latitude : 43,01° Longitude : 0,18°
Données de NORBERT ROSAPELLY Edition de 1990 de la Société Académique des Hautes-Pyrénées, sur la VALLEE de CAMPAN.
CAMPAN chef lieu de canton. Eth burrè de Campan, le beurre de Campan. Cette communauté de Campan abonde en bétail à laine et le beurre y est beaucoup meilleur qu’en aucun endroit des montagnes de Bigorre, lequel est soigneusement recherché par les marchands de Cieutat, qui le transportent et le revendent à Toulouse (Sommaire description du pays et comté de Bigorre p.5). Campan, nom fameux qui rappelle cette quantité de beurre que l’on va vendre dans les principales villes de l’Occitanie et de l’Aquitaine, savoir, d’un côté de Toulouse à Narbonne, et de l’autre à Bordeaux, Agen, Auch, Bayonne, Dax et Pau en Béarn (origine du monastère de l’Escaladieu, par l’Abbé Ch. Lafitte, Souvenirs de Bigorre, IX, 75). Campan est le lieu si renommé dans ces provinces pour le bon beurre et pour la grande quantité qu’il en fournit et qui se distribue partout (Froidur, I. c, p.77). La vallée de Campan, qui est à une grosse lieue de Bagnères, est renommée pour l’excellence de son beurre et la beauté de ses marbres (Larcher, Calendrier, p.93). Ets de Campa, dents t’a marca burri, les gens de Campan [ont de larges] dents pour marquer le beurre. Bermès, les vers, Chourrous, les petits, Qu’ey anado àu Burguet, elle est allée au Burguet, Le Burguet est une maisonnette de bois transportable, plus haute que large, et longue de 2 mètre et demi, dans laquelle les bergers de la vallée de Campan dorment la nuit, pendant le pâturage des seconds regains. On s’y introduit par une ouverture latérale se rabattant en couvercle de tabatière. Quand une jeune fille, attirée par son galant, s’est laissée surprendre à franchir la trappe du Burguet, et que son aventure ne se termine pas devant M. le Maire et M. le Curé, on dira d’elle : « Elle est allée au Burguet» ou «Qu’ey anado àu Burguet» (Cf. Propos gascons, 2è série, par X de Cardeilhac, p. 198). Les pâturages de Cloutou, Cettiou, Bachérès, ne sont pas verdoyants et frais comme on pourrait le supposer ; l’herbe y est au contraire, rare, et les cailloux et blocs y sont nombreux. Cependant, quoique pénibles et sauvages, ils sont très renommés dans la haut vallée de Campan. C’est de là, en effet, qu’après 1 mois de séjour, sortent les moutons les plus beaux et les plus gras. Un dicton du pays confirme ce fait. C’est le suivant : De tout et cantou Cettiou e Cloutou S’emporton era flou. (Région des lacs de Caderolles, par le Dr Lafforgue, p.8 extrait du Bulletin de la Société Ramond, année 1900). On lit dans le Semeur du 23 juin 1909 : Rectification : Nous avons reçu la lettre suivante, que nous nous faisons un devoir de publier : Monsieur le Rédacteur, sous ce titre «Un chauffeur peu galant», un de vos correspondants raconte une aventure arrivée dernièrement à quatre jeunes étourdies. Il est exact qu’un conducteur d’automobile, à qui elles avaient demandé une place pour quelques instants, leur joua le tour d’aller les débarquer à Momères, pour se venger de ce qu’elles l’avaient fait stopper sans motif. Mais les quatre héroïnes ne sont pas campanoises. Nous sommes assez riches d’anecdotes locales pour n’avoir pas besoin qu’on nous attribue celles de nos voisins. Aussi, nous tenons à protester immédiatement, de crainte de nous voir devancé par les intéressées, qui ont le droit de réclamer pour elles et pour leur village la gloire de ce haut fait. L’équipée est connue dans le pays, et les voyageuses au long cours aussi. Elles obtiennent un beau succès ; ça leur apprendra qu’on cultive la «carotte» ailleurs qu’à Asté. Pour un groupe de Campanoises : Mlle Charpo. Les gens de Campan sont simples, sensibles, et ils ne boivent pas de vin de toute la semaine ; mais le dimanche, ils se dédommagent un peu trop (E.P., II, 51). |
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Les SOBRIQUETS portés par les CHEOUX de la vallée de CAMPAN et d’ARGELES-BAGNERES
******* D’ARGELES-BAGNERES.
A partir de 1650 (voir antérieurement), les CHEOUX ‘d’Argellès’ sont nommés par le notaire ou le curé rédigeant les actes officiels CHEUX BAYLE ou CHEUX BAILLE. Certains curés, maires ou notaires ont écrit CHES, CHEUX, CHEOU, CHEUST… La question a été posée au début de l’étude : Pourquoi «Bayle» ? La réponse a été apportée au cours de l’année 2005, par Jean Pierre TAUPIN de Caen (cousin par son épouse issue de Dominique CHEUX Bayle – frère de mon ancêtre Jean) suite à la trouvaille d’un contrat de mariage de 1707, confirmant la fonction du père de l’époux : il était bien le «baille» du seigneur d’Argellès »…… ! Les CHEUX BAYLE deviendront des CHEUX puis des CHEOUX dans la moitié du 19è siècle. Des recherches ont été diligentées en 2005 pour retrouver les archives du seigneur d’Argellès…..afin de trouver traces de nos autres ancêtres…. ! Sans succès !
De CAMPAN L’étude actuelle de la généalogie des familles CHEOUX, dépouillement des actes paroissiaux de 1620 à 1730, permet de cibler les divers sobriquets utilisés pour différencier les nombreux Chéoux ayant vécu dans cette vallée de Bagnères de Bigorre à Gripp et à Payolle. Les porteurs du nom ont bénéficié d’appellations dues, soit à leur personnalité (Seignourou, Majesté…) soit au lieu géographique de leur habitat (La Rabine….) soit à un aspect physique (Berouyat…). Ces suggestions sont gratuites, n’ayant trouvé aucune signification précise dans les actes. Ces appellations sont les suivantes, dans l’ordre chronologique d’apparition. 1628 : TROY : plusieurs personnages autres que des Chéoux, ont bénéficié de cette appellation. Que veut-elle dire ? Elle subsiste encore de nos jours dans certaines familles. M. Le Nail, Directeur des ADHP, en retraite en 2006, semblait être détenteur d’explications. Il me faudra les lui demander. 1682 : ARRABINE: (qui devait être à l’origine La Rabine ou La Ravine) il semble que cela ne soit pas un sobriquet, mais un nom de famille. Affirmation due à la découverte de Bernard CHEUX époux de Jeanne ARRABINE en 1682, et un de ses ancêtres, ARRABINE Manioulou est l’époux de…. ?…… Domengea en 1627 (son grand-père ?.) Cependant, les variantes telles que : Rabine, Larrabine, d’Arrabine, ou Arrabine, sont dues au langage local et à la compréhension du notable enregistrant les déclarations et qui écrivait……. selon sa perception. Il portait sur le registre paroissial ce qu’il comprenait. Épeler ou vérifier son nom ne se faisait pas puisque les individus étaient analphabètes. Bon nombre ne savaient pas signer (….requis de signer ne dit ne scavoir…. !! mention fréquente sur les actes). Orthographiquement, les variations sont flagrantes, mais phonétiquement rigoureusement identiques : La Rabine et l’Arrabine ! Où est la différence ? Ce qui nous permet de dire que ces quatre variantes NE FONT QU’UNE ! et démontre bien que la perception phonétique A BIEN REGI L’ ECRITURE des NOMS de FAMILLE durant des siècles jusqu’à l’instauration du Livret de Famille. D’où la complexité de la multiplication de ceux-ci (des familles se croient étrangères à cause d’une lettre, alors qu’elles appartiennent à des fratries ou sont cousines proches !) Par contre, ce sobriquet pourrait très bien nous permettre de situer géographiquement l’habitat de Manioulou et de Jeanne Arrabine ou La Rabine (patois) ou La Ravine (français): tout près d’un relief tourmenté et escarpé, tel une « ravine », le b et le v ayant le même son en patois (en espagnol la vaca – vache - se prononce «baca»). Où se trouve, à Campan, un accident de terrain prononcé ayant les caractéristiques d’une ravine ?: vallée sauvage et encaissée, entaille due au ruissellement rapide concentré (LAROUSSE) qui pourrait permettre de localiser l’habitat de la famille « La Rabine » ? Les porteurs du nom de CHEOUX issus de ARRABINE ont contracté mariages : 1620 : Jeannot CHEUX époux de Jeanne SOUCAZE, 1620 : Guillaume CHEOUX épouse de Guilhem ADORRET, 1620 : Jean CHEUX époux de Marie CHEUX, 1620 : Jean CHIOUX de la Rabine époux de Joanna PUYO, 1620 : Domenge CHEUX époux de Dominique…… ?…….., 1627 : Manioulou d’ARRABINE époux de Domenge…………… ? puis…… 1660 : Joan CHIOUX époux de Anne GAYE, 1680 : Jean CHEUX époux de Marie LORAN (doublon ? Non ! 2 sœurs). 1680 : Jean CHEUX dit Larrabine époux de …………… ?………………. 1682 : Bernard CHEUX époux de Jeanne ARRABINE (il existe bien une famille Arrabine) 1682 : Jean CHEUX d’Arrabine époux de Jeanne GAYE, 1682 : Jean CHEUX d’Arrabine époux de Domenge GALIAY, 1682 : Jean CHEUX d’Arrabine époux de Marie BRAU, 1711 : Jean CHEUX d’Arrabine époux de Anne Marie LORAN, 1708 : Jean Louÿs CHEUX dit Arrabine époux de Jeanne Marie BORGELLA, 1710 : Damaré CHEUX dit Arrabine époux de Anne CHEUX d’Arrabine, 1710 : Louÿs CHEUX d’Arrabine, époux de Marie BORGELLA, 1710 : Marie CHEUX épouse de Dominique VILLER, 1713 : Louÿs CHEUX Larrabine, le même ?, , 1711 : Jean CHEUX d’Arrabine époux de Anne TORNÉ 1713 : Jean CHEUX d’Arrabine époux de Anne GAYE, 1713 : Jean CHEUX Troy dit Rabine, époux de……… ? 1715 : Jean Louÿs CHEUX dit Arrabine époux de Jeanne GAYE…. 1717 : Marie CHEUX d’Arrabine épouse de Dominique GAYE, 1717 : Damas CHEOUX d’Arrabine époux de Marie BORGELLA
Mention particulière pour : Damas qui n’est pas un sobriquet mais un PRENOM. Voici l’explication : Le 19 juillet 1715: naissance de Damas CHEOUX fils de Jean-Louÿs CHEOUX d’Arrabine et de Jeanne-Marie BORGELLA. Le parrain est Damas CHEOUX et la marraine Catherine CHEOUX, cousin et cousine. 1717 le 15 juin : le mariage de Damas CHEUX, fils de Jean – à Marie BORGELLA fille de Jean, nous précisent que Damas est bien un prénom, et que celui-ci est passé dans le nom composé des Chéoux pour devenir CHEOUX-DAMAS, (l’information a été communiquée à M. André Chéoux-Damas de Ste Marie de Campan le 04/03/2000).
1683 : Seignourou : Ce sobriquet apparaît soit cette année là, soit il est utilisé depuis bien avant. L’étude approfondie nous permettra de le savoir. Il semble vouloir désigner un CHEOUX fier de sa personne, hautain, dédaigneux, ayant des attitudes, des comportements divers et variés, et faisant le «seigneur» dans sa contrée. Il apparaît que les porteurs du nom soient : 1715 : Jacques CHEUX dit Seignourou époux de Jeanne SOUCAZE 1715 : Jean CHEUX dit Seignourou époux de Anne LABAILLE 1717 : Jacques CHEUX dit Seignourou époux de Anne LABAILLE (remariage ?) 1718 : Jacques CHEUX dit Seignourou époux de Jeanne TORNÉ 1863 : x………..CHEUX dit Seignourou époux de Marie JUMÈRES.
Constatations : 1- l’époque d’apogée du sobriquet semble être de 1680 à 1730 environ. Voir si les années antérieures ou postérieures ont vu circuler ces appellations, 2- Trois JACQUES sont recensés dans cette période (3 mariages – 3 épouses ou bien est-ce le même Jacques ayant convolé 3 fois, remariages suite à décès ? ou bien sont-ils 3 frères ?), 3- Deux Anne LABAILLE ont épousé Jacques et Jean CHEUX dit Seignourou (ou bien est-ce la même Anne qui s’est mariée 2 fois avec 2 frères ?). 4- Ce terme de « seignourou » peut-il nous permettre d’envisager un rapprochement avec les seigneurs wallons, dont les Seignourou seraient de lointains descendants ? Entre 1500 et 1683 se sont écoulés 183 ans, ce qui représente 8 à 10 générations. Trouverons-nous des Seignourou dans cette période ? ? Si oui, le rapprochement est possible !
Réponse : Rien à voir ! Les CHEOUX wallons sont localisé dès 1280 durant la Guerre de la Vache en Belgique…..le village de CHEOUX, peut-être même en 670 (info de Aimée Ingeveld d’octobre 2006 par mail).
1683 : Poubil : pas de commentaire, vu l’absence d’actes. 1708 : Eslourine : nous ne savons pas ce que cette appellation peut vouloir dire. Une étude étymologique à partir du patois bigourdan devrait permettre d’en comprendre le sens. Les porteurs du nom sont les suivants : 1708 : Jean CHEUX dit Eslourine époux de Catherine LABAILLE,** 1719 : Jean Troy CHEOUX dit Eslourine époux de …………?, 1722 : Pierre CHEUX dit Eslourine époux de Françoise DESPIAU, 1868 : Pierre CHEOUX-Eslourine époux de Vincente LUQUET-CASALA. 2000 : branche CHEOUX-Eslourine existante à Paris (Philippe, le fils kinési), Orléans (Pierre, le père, retraité), et Bordeaux et Villandraut (33).
1712 : Berouyat. Cette appellation semble vouloir se rapprocher du patois « beroy » et désigner un CHEOUX « mignon » ou « joli « ou « cocquet ». Un dandy laboureur du XVIIIè siècle en piémont de CAMPAN menant charrue avec chemise à jabot ???? Les porteurs du nom sont les suivants : 1714 : Joseph CHEUX dit Berouyat, époux de Jeanne GAYE, 1716 : Dominique CHEUX dit Berouyat époux de Catherine BORGELLA, 1716 : Joseph CHEUX dit Berouyat, époux de Catherine CHEUX.
Nota : Les deux Joseph sont-ils deux frères ou bien est-il un seul remarié à Catherine CHEUX ?
1717 : Majesté (francisé) : Nous ne possédons qu’un seul acte qui nous informe de l’existence de ce sobriquet :1717 : Dominique CHEUX dit Majesté, époux de …………. ? 1865 : Mayestarou (Majesté patoisé) : Nous possédons deux actes confirmant cette existence : 1715 : Dominique CHEOUX MAYESTAROU époux de Anne TORNÉ, 1754 : Dominique CHEOUX MAYESTAROU époux de Anne CANNÈRE GUILHEM, 1780 : Dominique CHEOUX MAYESTAROU époux de Thérèse TORNÉ CARRERETTE, 1822 : Louise CHEOUX MAYESTAROU épouse de Dominique PUYO POULIT, 1862 : Guillaume CHEOUX-Damas, époux de Vincente CHEOUX-MAYESTAROU, 1865 : Baptiste CHEOUX-MAYESTAROU, époux de Marie JOUANICOU. Ce sobriquet a eu une certaine longévité. Nous ne connaissons pas de contemporains.
Cette approche provisoire (dépouillements importants à faire) permet de constater le volume des familles et de la pérennité de ces noms. Les 7/8 n’existent plus ! A ce jour, nous savons que deux familles portent les patronymes composés issus de ces époques. Il s’agit de : CHEOUX-DAMAS (perennité? Descendances connues = féminines), et CHEOUX-ESLOURINE (perennité).
Les autres ayant disparu. La consultation de l’annuaire de France-Télécom, donne une idée des noms actuellement portés, et qui ne font pas appel à ceux cités ci-dessus. Seul, l’un d’entre eux paraît avoir résisté, mais il a été amputé : il s’agit de Seignourou que l’on retrouve en Seignou, adjoint à JUMERES, soit Jumères Seignou. Peut-il y avoir une relation entre les deux ? Cette brève synthèse a été réalisée le 18 mars 2000 (de 1620 à 1730 puis 1868 partiellement). La période connue de 1575 à 1620 reste à analyser de la même manière.
L’ensemble de l’étude des CHEOUX (Argelès – Campan – Chelle-Spou – Poumarous, Uzer et Mun - Théoux) ayant 2 buts : Le premier : rallier l’ensemble des CHEOUX bigourdans à la bannière d’un ancêtre unique, car, il ne peut en être autrement…. Le second : rallier cet ancêtre CHEOUX, aux de CHEOUX nobles et seigneurs ayant vécu de 1400 à 1757 en wallonie, Pays de Liège (Belgique), pour bénéficier de leur histoire, de leur généalogie et propulser la notre au 15è siècle ou bien au-delà.
Elle est transmise, pour information provisoire à : André CHEOUX-Damas à Ste Marie de Campan, Anne Marie CHEOUX-Damas à Châtillon, M. Agostini Jean-Jacques à Ste Marie de Campan, Historien de la Vallée de Campan, Pierre CHEOUX-Eslourine, à Orléans.
Elle sera intégrée à l’ensemble des recherches entreprises sur le patronyme CHEOUX, résultats qui seront transmis aux intéressés ainsi qu’aux Administrations (Mairie de CAMPAN et A.D. des H.P.).
Michel CHEOUX le 18/03/2000, puis revu et mis à jour le 07/10/2006. Une actualisation sera nécessaire à la suite des travaux actuels entrepris en Belgique (2005-2006-2007).
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LA VIE QUOTIDIENNE dans les Pyrénées sous l’ancien régime (du XVI è au XVIII ème siècle) de Jean-François SOULET Hachette 1974 Dépôt légal : 1 trimestre 1980.
Quelques relevés sur la Vallée de CAMPAN. Condensé de lecture fait par Michel CHEOUX en 2002.
Des passages entiers ont été repris ci-après. Pour retrouver le contexte général de l’ouvrage……le lire !!! Page 33 : La description des habitants et de leurs intérieurs est souvent l’occasion pour nos guides de poser la question naturelle au terme du voyage : le pays traversé est-il terre de misère ou d’abondance ? En arrivant dans la vallée de CAMPAN, même étonnement admiratif : « ….Figurez-vous que cette vallée contient au moins huit cents feux; qu’il ne s’y dépouille pas un grain de blé, pas un grain de raisin, ni fruit quelconque ; que toute la richesse ne consiste qu’en bestiaux… et que tout le monde y est riche ». La vallée de CAMPAN fut célébrée durant tout l’Ancien Régime comme la «vallée heureuse», la «vallée du Tempé», la «Nouvelle Arcadie», ou les «Champs Elysées modernes», tant on admirait le bien-être de ses habitants. Une nouvelle économie, fondée quasi exclusivement sur l’élevage, constituait presque une aberration pour ces gens venus des vastes plaines céréalières du Nord. Leur admiration n’en était que plus grande et….plus exagérée lorsqu’ils constataient qu’une communauté pouvait survivre sans semer un grain de blé. …[Dans la vallée de CAMPAN, quasi spécialisée dans l’élevage, il ne se dépouillait pas un grain de blé, et ne se récoltait aucun fruit au XVII è siècle page 89]. Au XIII è siècle, cet enthousiasme devait donner lieu à des développements littéraires et philosophiques d’empreinte rousseauiste, soulignant le caractère idyllique de la communauté pastorale et la qualité de vie «naturelle» des paysans pyrénéens.
Page 38 : C’est à tort, en effet, que le Pyrénéen des XVII et XVIII è siècles se proclame sans seigneur ni maître. Il n’échappe pas en principe et n’a jamais échappé au système qui a caractérisé tout l’Ancien Régime; il a simplement réussi à le tourner avec un tel succès qu’il l’a comme effacé de sa conscience et de sa vie quotidienne. En réalité, qu’ont fait des siècles durant, ces CAMPANOIS qu’une tradition tenace déclare avoir été de tout temps indépendants, sinon tenter de conquérir une autonomie qu’ils n’avaient pas et à laquelle ils aspiraient ? L’histoire nous les montre, arrachant année après année, siècle après siècle (1093, 1177, 1300, 1341, 1446, 1541, 1582…) des avantages plus ou moins substantiels à leurs suzerains, les Comtes de BIGORRE. Peu à peu leur communauté se fait reconnaître comme telle, accroît ses propres biens, paie collectivement ses redevances. Pour devenir maîtresse de sa vallée et pouvoir jouir ainsi de l’ensemble des pâturages, il lui faut partir en guerre contre les seigneurs voisins, ceux d’Asté, de Baudéan et d’Aspin, contre les communautés voisines en quête elles aussi d’espace vital, notamment la puissante cité de BAGNERES de BIGORRE, contre le monastère de l’ESCALADIEU….
LA JUSTICE à CAMPANPage 48 : La justice directe, rapide, peu onéreuse, n’était pas pour déplaire à des populations souvent ruinées par des procédures lentes et coûteuses. Voici de quelle manière et avec quelle autorité fonctionnait la justice consulaire de CAMPAN, selon Froidour : « Quand quelqu’un prétend quelque chose contre un autre, si la partie ne la lui accorde de gré à gré, il doit s’adresser aux Consuls, qui, à l’instant même, mandent la partie, et ayant ouï l’une et l’autre, ordonnent ce qui leur paraît raisonnable.
Page 49 : Si la chose dont il s’agit est au dessus de leur connaissance, ils prennent conseil de deux ou trois avocats, sur l’avis desquels ils décident. Mais, quoi qu’ils ordonnent, cela est ponctuellement exécuté, comme un arrêt de Cour souveraine, et avec la dernière soumission. Même docilité respectueuse envers les décisions de police émanant des consuls campanois. Tout se passe comme si l’usage avait forgé une attitude d’autodiscipline. Quand ils voulaient arrêter un malfaiteur ou un criminel, les consuls se contentaient de Lui envoyer la clef de la prison afin qu’il s’y rendit. Si au troisième avertissement, il n’avait obtempéré, tous les habitants de la vallée se mettaient alors à la recherche et le contraignaient à quitter le pays sans espoir de retour. Dans ce cas, on se saisissait de ses bestiaux et l’on détruisait sa maison et ses granges. Persistance surprenante en plein XVII è siècle d’une justice directe que Froidour nous vante comme très efficace.
Page 51 : En parcourant le livre de taille de la communauté de CAMPAN, pour 1649, nous relevons le nom d’environ 300 propriétaires, soit peut-être la moitié des chefs de famille. Mais, entre eux, il y a plus que des nuances quant à la fortune et à la place dans la paroisse. On découvre au sommet de la hiérarchie campanoise, les 14 propriétaires d’une maison casalère datant sans doute des origines du bourg et située en général au cœur de celui-ci, puis les 21 propriétaires «d’ostau», maison construite certainement plus tard. Ces 35 chefs de famille constituent l’aristocratie de la vallée, dominent la jurade et fournissent tous les représentants de l’autorité locale. A un niveau inférieur, se situent les 52 possesseurs d’un «ostalet», bâtisse établie hors du bourg par un cadet, et les 159 responsables de famille qui ne disposent que d’une simple grange (la «borde») et de son entourage (jardin et pièce de terre). Comme le registre de taille ne s’intéresse qu’aux seuls biens tenants, une bonne partie de la population de CAMPAN formée par les notaires, les marchands, les artisans, les cadets, les brassiers…reste inconnue, mais dans sa majorité elle venait grossir la masse des petits propriétaires dépendants. Il ne faut, certes, pas perdre de vue que dans une telle société pastorale, les très vastes communaux permettaient aux plus démunis de vivre du revenu d’un petit cheptel. Néanmoins cette correction, tout en étant fort appréciable, n’était pas suffisante pour désamorcer les tensions provoquées par les disparités locales. Le plus souvent, ces forces latentes de conflits se trouvaient comme canalisées vers l’extérieur provoquant de violentes poussées d’ «impérialisme» au détriment des communautés voisines.
L’ALIMENTATION DES CAMPANOIS. Page 91 . Le plat de résistance du Pyrénéen était la bouillie. Les paysans (du Couserans) sont quelquefois quatre ou cinq mois sans manger de pain, ne vivant que de lait, ou de petit-lait, qu’ils font bouillir avec un petit peu de farine de millet et de blé de sarrazin, sans même en ôter le son et quelquefois avec des fèves…… La «broye» ou le «pastet» avaient donc pour ingrédient constant, le lait ou le petit-lait, et pour éléments variables selon les époques, les saisons et les lieux, le millet, le maïs ou la pomme de terre écrasée.
SUR LES PATURAGES. Page 105. En d’autres lieux (CAMPAN, ASTE-BÉON, AZET….) la règle était la suivante : chaque «bientenant» n’était autorisé à introduire qu’un nombre de têtes de bétail proportionnel à la quantité d’arpents qu’il possédait.
SUR LES METIERS. Page 120. A fin du XVIII è siècle, de nombreux pyrénéens, de la Haute Vallée de l’Adour, travaillaient ainsi au profit des fabricants de Bagnères de Bigorre. A Gerde, petit village à proximité, 40% de la population se trouvaient employés temporairement dans le textile. Les produits solides mais grossiers qui étaient fabriqués se répartissaient essentiellement en variétés de serge et de bure : «cordelats», «cadis», «burats», «marrègues» (que l’on retrouve très souvent dans les actes notariés des contrats de mariage ou des successions après décès). |
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VENTE DE BREBIS Acte P 1783
1784 traduit et frappé par JP TAUPIN de Caen. Vente de
brebis de la ouillade Signé . Bourgella garde Luquet consul Brau consul D : Dortet Pierre Gaye Cannere Dubarry Pujo notaire royal
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ARBITRAGE DE L'EAU Acte P 1785
1786 traduit et frappé par JP Taupin de Caen. Relation de syndic L’an mil sept cens vingt et deux et le septieme jour du mois de juin après midy au lieu de Campan en Bigorre, dans mon estude par devant moy notaire royal et a la présance des témoins bas nommés furent présents les sieurs Joseph Cazaux et Jean Galiay dit Garraubet syndicts establis par la communauté dudit Campan pour connoistre et régler les contestations qui surviennent entre les habitans de ladite comunauté au sujet des passages, arrosement d’eau, bornages et autres servitudes, qui ont dit s’estre transporter le dix et huitieme du mois de may dernier en la vallée dudit Campan au quartier des Caret et sur les héritages de fus Menjolon et Montserrat Despiau frères, de l’ordre du sieur Dominique Luquet escolier consul, de luy accompagnés, et suivis de Guillaume Diblet manamenté a la réquisition de Raymond Despiau dit Peyralade contre Dominique Chéoux et Janne Despiau, mariés, habitans de la susdite vallée et estant sur les lieux contentieus et a tant la présence personelle des susdites parties. Ledit Despiau auroit demandé la casassion de la relation rendüe le vingt et septieme mars dernier par les sieurs Guillaume Soucaze None et Dominique Brau Arnauté alors syndics de la susdite communauté qui demet ledit Raymond Despiau de la facultée de pouvoir jouir et se servir de l’eau de la source qui vient du canal de Peyrasse pour l’aliment de sa maison d’habitation scituée au susdit quartier, que tant ledit fus Menjolom que Monserrat frères avoint acquis en comun de fu Guillem Darrebiau par acte sur ce passé le premier mars mil six cens cinquante deux, recu par feu Me Daris notaire royal dudit Campan, par lequel la susdite eau qui est portée par le susdit canal de Peyrasse fust partagée par lesdits Despiau frères pour en jouir esgalement a l’avenir, lequel Raymond Despiau leur auroit en outre représenté que quoique le susdit acte fust remis le susdit jour vingt et septieme mars dernier au pouvoir des susdits Soucaze et Brau syndicts et qu’il en ayt esté pris par, eux lors de leur descente, pleine lecture et parfaitte connoissance, néanmoins ils auroint demis le requérant du droit par luy acquis de pouvoir se servir et jouir de la susdite eau lorque la source ne se trouveroit pas suffisament abondente et l’auroint en ce cas adjugée en entier en faveur desdits Cheoux et Despiau, mariés, contre les termes du susdit acte (et) le prix qui auroit esté comunement et esgalement payé par lesdits fus Despiau frères, entre lesquels il appert par iceluy que ladite eau seroit entre eux esgalement partagée, et que ces pend.. par un support manifeste et une faveur inouie ledit Me de Soucaze et Brau auroint tronqué le susdit acte auquel lesdits sieurs Cazaux et Galiay a tous esgard et sans s’arrester a la rétention dudit Me de Soucaze et Brau ont ordonné que conformement a iceluy l’eau en question sera partagée et divisée en deux esgales parties et que pour ceste effet et pour servir au partage dicelle lesdits sieurs Cazaux et Galiay ont dit avoir mis une petite planche dans le susdit ruisseau en travers dans laquelle ils avoint fait deux trous d’égale grandeur et avec une mesme tarière, l’un du costé d’orian et l’autre du costé de septentrion pour y faire passer la susdite eau en égale quantité lorsque la source ne serais pas abondante pour les susdites parties pour la conduire chacune par differents canaux dans leurs maisons d’habitation et ou bon leur semblera et en outre, ledit sieur Cazaux et Galiay ont ordonné qu’au mesme endroit ou la susdite planche a esté mise par provision il sera a comun frais des parties fait et entretenu un petit vaze de bois ou de pierre apellé vulgairement comet pour assembler et recevoir la susdite eau dans laquel il sera fait deux trous esgaux et aussi d’égale hauteur pour servir au partage d’icelle et que la portion ou moytié de ladite eau dudit Raymond Despiau Peyrasse sera par luy conduite par un canal de sorte quelle ne puisse pas se meler ny communiquer avec l’autre moytié d’eau adjugée audit Monserrat ce qui a esté ainsi ordonné a cause qu’il pourroit arriver que les égouts de certaines terres pourraient tomber dans la moitié d’eau du susdit Despiau qui troubleroit et infecterait par consequent l’aliment dudit Momtferrat si les aliments se meslan. De quoy le présent acte de relation a esté passé et que lesdits sieurs Cazaux et Galiay ont rendues selon dieu et leur conscience sans support ny faveur aucune pour servir aux parties interessées comme il appartiendra, ayans taxé les fraix du transport et fraix de la présente relation la somme de quinze livres dix huit sols quatre deniers. Scavoir quatre livres pour ledit sieur Luquet consul sindict et manamenté le surplus pour le papier retention et controlle. Le tout payable esgalement par ledit Raymond Despiau et Dominique Chéoux Marie de Janne Despiau. Estant fait et passé en presences des sieurs Jean Bourgella e----- et Guillaume Bourgella ----- habitans dudit Campan qui ont signé avec lesdits sieurs Luquet consul et Cazaux et Galiay sindicts et moy. Signé : Luquet Cazaux Jean Galiay Bourgella garde Bourgella Puyo notaire royal . |
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Las «moundettos» de Campan
CAMPAN – 65200 – canton de Bagnères de Bigorre Latitude : 43,01 Longitude : 0,18° Vers la mi-octobre, les neiges qui descendent des sommets forcent, les uns après les autres, les troupeaux à retourner à Campan. Dans les prairies qui entourent le bourg, avant d’enfermer leurs vaches et leurs moutons dans les écuries de l’hivernage, bergers et bergères les parquent en plein air, à quelques pas des maisons. Ce retour de la montagne est l’occasion d’une grande fête pastorale. Dans chaque famille, la veille de ce dimanche, on fait cuire au four de la maison la «moundetto», un gâteau pétri avec la fleur de farine des moulins de Bagnères et avec le beurre encore parfumé par les herbes des hauteurs. Le matin venu, tous se rendent, pour la messe solennelle, à l’église de Sainte Marie de Campan. Les «moundettos» parées de linges blancs, sont étalées sur les chaises. Après la messe, ainsi que pour les tourteaux du dimanche avant Pâques, le prêtre qui officie procède à la bénédiction. Au sortir de l’église, hommes et femmes, leurs gâteaux sous le bras, se rendent en masse à l’auberge. Les amitiés qui se sont nouées sur les hauteurs s’affirment autour des tables. Les femmes ne sont pas assises à côté de leur mari, mais les filles sont toujours placées à côté des garçons. L’après-midi se passe à manger, à boire, à chanter ; les plus vieux, égoïstes, ne causent qu’avec leur verre et leur assiette ; les plus jeunes laissent leur cœur voisiner comme leurs mains ; tandis que les vieilles content des histoires de leur bon temps, les jeunes filles préfèrent se laisser conter fleurette. Le soir même de la fête, tous retournent à la garde des troupeaux en plein air (302)
Source : Ouvrage Traditions et Coutumes des Hautes Pyrénées de Norbert Rosapelly - p.161
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